De l’enseignement à la recherche
Avant son engagement politique, Simone Ehivet Gbagbo a été professeure de français au lycée classique en Côte d’Ivoire. Passionnée par la culture africaine et ivoirienne, elle a poursuivi ses études jusqu’à obtenir un doctorat en littérature orale et en langage tambouriné. Elle s’est ensuite orientée vers la recherche universitaire, où elle a exercé pendant plusieurs années.
Un engagement politique précoce
Elle explique s’être intéressée très tôt à la politique. Alors qu’elle était encore collégienne, elle militait au sein de la Jeunesse Estudiantine Catholique. Son engagement l’a conduite à devenir présidente nationale du mouvement alors qu’elle était lycéenne, une responsabilité qu’elle a assumée de 1966 à 1970.
Au cours de ses études universitaires, elle affirme avoir perdu la foi chrétienne et être devenue athée et communiste pendant une quinzaine d’années. C’est lors d’un séjour à Montréal, au Canada, à l’invitation d’un collègue profondément engagé dans la foi chrétienne, qu’elle dit avoir retrouvé sa foi.
Sa rencontre avec Laurent Gbagbo
Au cours de l’entretien, Simone Ehivet Gbagbo est également revenue sur sa rencontre avec Laurent Gbagbo en 1972, alors qu’elle était encore étudiante. Elle évoque aussi son premier mariage, dont sont nés trois enfants, parmi lesquels une paire de jumeaux. Selon elle, cette union a pris fin notamment en raison de profondes divergences idéologiques : elle était devenue athée et communiste, tandis que son mari était resté chrétien catholique.
Concernant sa relation avec Laurent Gbagbo, elle explique qu’ils ont vécu une union libre à partir de 1982 avant de se marier en 1989. Ensemble, ils ont eu une paire de jumeaux.
Les épreuves de 2011 et la prison
L’ancienne Première dame est également revenue sur les événements du 11 avril 2011. Elle affirme qu’à la fin de l’année 2010, Dieu lui aurait annoncé, à travers des passages bibliques et des visions, une période d’épreuves tout en lui assurant qu’ils en sortiraient vivants.
Elle a ensuite passé sept années privées de liberté, entre détention provisoire et résidence surveillée, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle. Selon elle, cette période a profondément renforcé sa relation avec Dieu.
Le divorce et un nouveau combat politique
Simone Ehivet Gbagbo a également abordé son divorce avec Laurent Gbagbo en 2021. Elle reconnaît que cette séparation a été marquée par de nombreuses émotions, notamment la déception et la révolte. Elle confie s’être interrogée, y compris dans sa relation avec Dieu, avant de choisir le silence plutôt que d’exposer publiquement cette épreuve.
Interrogée sur ses engagements actuels, elle affirme rester animée par la conviction que la Côte d’Ivoire, comme l’Afrique, doit devenir un espace de peuples libres, souverains, prospères, guidés par la crainte de Dieu et capables de contribuer à une humanité meilleure. C’est cette vision qui l’a conduite à créer son propre parti politique.
Ce que l’on retient de cet entretien
Au-delà de son parcours politique, cet échange permet de découvrir une autre facette de Simone Ehivet Gbagbo. L’entretien révèle une femme qui évoque avec franchise son cheminement personnel, ses convictions et les épreuves qui ont marqué sa vie.
Tout au long de l’émission, elle parle de Laurent Gbagbo avec respect, aussi bien en tant qu’ancien compagnon qu’en tant que père de leurs enfants. Malgré leur séparation, elle reconnaît le rôle qu’il a joué auprès de leur famille et explique avoir choisi d’accepter cette nouvelle étape de sa vie.
L’émission montre également une personnalité plus légère que l’image souvent renvoyée dans l’espace public. À plusieurs reprises, Simone Ehivet Gbagbo se montre souriante, spontanée et taquine, apportant une touche d’humour à des échanges pourtant centrés sur des sujets profonds.
Cet entretien rappelle enfin qu’au-delà des images souvent véhiculées dans le débat public, un témoignage de longue durée permet parfois de mieux comprendre le parcours, les convictions et la personnalité d’une figure politique.

